Le Château de Domeyrat
Notre groupe de 26 participants est accueilli à l’entrée du château par Monsieur Poulet-Berger, président de l’association « Domeyrat réinventé ». Il se présente en costume d’époque : « Jehan de Langeac, seigneur de Domeyrat ».

Le château, sis dans la vallée de l’Allier, à 13 kilomètres au Sud-Ouest de Brioude, a été la propriété de différents seigneurs. Les Papabeuf édifièrent la forteresse primitive au XIIe siècle puis vinrent les Langeac, les Montagut, les La Rochefoucauld. Le château actuel a été bâti par Martin Gouge de Charpaigne, évêque de Clermont au XVe, pour sa nièce. Après la Révolution, Domeyrat devient carrière de pierres. Bien que d’allure défensive à l’extérieur (les cinq tours sont encore en place), l’intérieur présente les aménagements d’un palais seigneurial avec des éléments de confort tels que cheminée, latrines…Et les murs sont revêtus de peintures murales dont nous avons pu voir quelques restes
Château de Domeyrat : vue sur le Nord du donjon et de son enceinte rapprochée (photo Grahlf/F. Robert).
Pour donner vie aux ruines du château, Mr Poulet-Berger a su animer sa visite (apprentissage de la révérence, présentation des armes d’époque, cérémonie de l’hommage) et émailler son propos de termes médiévaux imagés.

L’église d’Azérat
C’est sous la conduite de Monsieur Bonjean, maire du village, passionné par son patrimoine, que nous avons visité l’église.
Situé sur une terrasse alluviale élevée et protégée des inondations capricieuses de l’Allier, à proximité d’un chemin ferré d’origine gallo-romaine, Azerat a été une villa gallo-romaine importante. Vers 1043, le seigneur de Lugeac vend le château féodal à Robert de Turlande, fondateur de la Chaise-Dieu, qui en fait un prieuré, attesté dès 1156.

L’église romane fut bâtie au XIIe, en grès rouge d’Allevier. A côté de l’église, les prieurs occupaient une maison forte, véritable château avec ses quatre tours rondes et son pont-levis. L’église se compose d’un chevet pentagonal présentant un décor d’arcatures, la nef principale comporte quatre travées. Sur la troisième s’élève le clocher carré édifié au XVe, percé de quatre grandes baies ouvragées. Au XVe également : construction de la nef nord de style gothique. La façade ouest présente un portail encadré de colonnettes à chapiteaux. A l’intérieur, la voûte en plein cintre de la nef centrale et les deux absides voûtées en cul de four sont caractéristiques du style roman, les voûtes en croisée d’ogive de la nef latérale sont gothiques.
On qualifie l’église d’Azerat de « Sixtine du val d’Allier » pour la multitude, la diversité et la richesse de ses peintures. Les colonnes, les chapiteaux, les arcs du chœur et de la nef sont ornés d’un décor peint de grisaille en camaïeu du XVIIe représentant un fourmillement de végétation stylisée unique par son état et sa surface conservée. On découvre également des peintures des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Quant aux peintures du chœur, elles datent du début du XIVe : décollation de Saint-Jean Baptiste, patron du prieuré, évêque commanditaire Jean de Chandorat, vingt-quatrième abbé de la Chaise-Dieu, une Annonciation, de chaque côté des vitraux datant du XIXe représentation d’apôtres. Sur le mur Sud, entre l’oculus et l’ancienne porte de la sacristie, un évêque nimbé qui pourrait être Robert de Turlande. On peut voir aussi des sculptures des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. L’église est classée Monument Historique depuis 1930.

Compte rendu de Colette Omerin
